Séminaire « Sciences sociales et psychanalyse » – « Qu’apprenons-nous de Stanley Milgram ? Les fragilités de la psychologie sociales »

Qu’apprenons-nous de Stanley Milgram ? Les fragilités disciplinaires de la psychologie sociale

Anna C. Zielinska Maitresse de conférence en philosophie morale, juridique et politique "Selon Hannah Arendt, la majorité des personnes impliquées dans la Shoah n’étaient pas des individus cruels ou malades, mais des gens ordinaires soumis à des pressions sociales. L’explication de l’avènement du plus grand génocide de l’histoire ne pouvait pas se faire, pensait-on dans les années 1960, en se concentrant sur des « personnalités totalitaires » étudiées par Theodor Adorno. Comment l’expliquer alors ? L’influence du groupe sur l’individu a été de plus en plus étudiée, notamment par les survivants polonais de la Shoah, Henri Tajfel ou Solomon Asch. Stanley Milgram, formé par Asch, a étudié « l’obéissance destructive dans un laboratoire » en y identifiant l’élément clé qui va constituer un lien entre un comportement individuel et l’action politique. Les résultats de Milgram nous apprennent-ils, toutefois, quelque chose sur l’humain hors laboratoire ? Quelle valeur accordons-nous aujourd’hui aux expériences en psychologie sociale ? Cette intervention proposera une contextualisation critique des expériences de Milgram, une revue de littérature récente et une interrogation plus large sur la capacité de la psychologie sociale, et de la psychologie politique qui y puise, de saisir expérimentalement ce qui est intrinsèquement complexe."