« Penser la mobilité en Asie. Hier, aujourd’hui, demain ? »

APPEL A COMMUNICATIONS

La Journée d’étude 2026 du Bureau des Jeunes Chercheur∙e∙s en Études Asiatiques (BJChEA) propose de “Penser la mobilité en Asie. Hier, aujourd'hui, demain ?”. Elle portera sur les déplacements collectifs ou individuels, matériels ou immatériels dans l’Asie à toute époque, selon une approche interdisciplinaire et transversale en sciences humaines et sociales. Nous nous donnons pour objectif d’accueillir des travaux de jeunes chercheur∙e∙s (doctorat, postdoctorat) relatifs aux logiques, moyens et adaptations de la mobilité, entre capacité et entrave.

Propos

À l’heure où d’autres pôles que l’Occident ont émergé dans la Globalisation, les faits de mobilité en Asie reflèteraient des logiques contextuelles pour une mobilité organisée selon des propriétés variées de durée et de fréquence, de territoire et de localité, d’infrastructures et de franchissements. Où se trouve alors l’innovation et l’adaptation dans la mobilité ? Comment la mobilité s’ancre-t-elle dans les dimensions matérielles, historiques et géographiques, ou encore dans les pratiques sociales, culturelles, linguistiques, religieuses, philosophiques, économiques, politiques, juridiques ? Quels sont les moteurs, les conditions et les enjeux qui expliqueraient des mutations dans ces pratiques de mobilité, comprenant ici une facilitation ou a contrario des limites et de l’immobilité ? Quelles mobilités ont-elles été pratiquées dans l’histoire asiatique, par exemple avec les puissances commerciales et militaires ? Comment pense-t-on aussi la mobilité de demain, à l’heure où les transhumances pastorales connaissent de forts reculs dans l’Arctique asiatique ? Les individus, objets et idées se déplacent-ils hier comme aujourd'hui ? Si des logiques et des formes perdurent ou reviennent, devient-il possible de repérer des universaux et des variations, par exemple en termes d’usages, de flux, d’amplitudes ? À la connaissance du passé et du présent, comment repérer de nouvelles mobilités ? Comme d’autres espaces, l’Asie se déploie de façon polymorphe, riche d’interactions et d’interconnexions en son sein et avec l’extérieur. Car bien sûr, les mobilités des individus, des objets ou des idées se tissent entre pays asiatiques et avec l’extérieur du continent. Or ces caractéristiques ne sont pas propres à l’Asie. Dans quelle mesure la définiraient-elles alors et, in extenso, peut-on alors précisément parler d’une mobilité asiatique ? Cette Journée d’étude transversale consistera donc à comprendre et penser des spécificités et des dynamiques de la mobilité, reproduite ou réinventée, en offrant un espace d’analyse comparatiste collective pour mettre en dialogue les recherches des jeunes chercheur∙e∙s spécialistes des questions asiatiques.

Objectifs

Depuis 2013, de très nombreuses thèses touchant au thème de la mobilité en Asie (205 sur la migration, 188 sur le voyage, 156 sur les transports, 140 sur le tourisme) ont été soutenues en France. Des travaux ancrés dans plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales traitent de la mobilité en l’appréhendant ou en la concevant sous divers angles possibles. Approchée par le paysage, en tant que qualité de progression à travers des zones/aires délimitables, ou définie dans le temps, en tant que progression sur les modalités de la carrière, l’idée de mobilité repose sur le principe intersectionnel de changement. Dès lors, la mobilité se définit par une transformation du groupe et de l’individu. C’est cette inconstance relative, établie par passage entre deux états, qui constitue à la fois une focale et un angle d’analyse du groupe ou de l’individu pour en restituer sa culture, sa société et les institutions qu’il porte. Par la richesse de ses aspects, la mobilité figure nécessairement dans le champ de l’interdisciplinarité : rapport au corps et à l’espace, appartenance générationnelle, logiques économiques volontaires ou enjeu contraint de survie. Les analyses reposent alors sur des classifications toutes aussi riches : mobilité de genre, classe d’âge, classe sociale ou économique, moyen de transports et infrastructures, mobilité des corps et des objets, des idées et des pratiques, par type d’espace de mobilité appréhendée en territoire et réseau, en migration et installation, en rythmicité et en circulation ou en flux, etc. Notre Journée d’étude souhaite donc convier les jeunes chercheur∙e∙s, fort∙e∙s de leurs propres expériences de terrain ou de leurs travaux en archive, à partager leurs analyses de la mobilité. Ces recherches, tenant compte de la diversité des pratiques et des aspects à travers les pays ou les populations asiatiques, à l’échelle des siècles comme à l’échelle d’une vie, seront ainsi mises en dialogue dans l’objectif premier de mettre en exergue des transversalités et des particularités éloquentes. Notre regard se tournera par exemple vers les études qui interrogent les questions de voyage, de traversée et de retour, d’investissement et de développement des territoires, de déclassement et d’ascension sociale. Il pourra aussi s’agir de focalisations plus marquées sur l’arrangement et l’adaptation à des conditions mouvantes, à de nouvelles technologies, ou encore à de mêmes objets ou idées dont la mobilité varie selon les contextes, sans tomber dans le piège du tout-relativisme ou du déterminisme. Quatre axes pourront guider et rassembler les propositions : -Migration, emploi, tourisme, exil ; -Infrastructure, transport, territorialisation ; -Immobilité et nuances à la mobilité, inégalités et entraves ; -Virtualités, parades, ruptures à la mobilité. Appel avec bibliographie et infos pratiques : https://jca.hypotheses.org/files/2026/01/BJChEA_JET2026_Appel.pdf